Je ne voulais pas me prononcer publiquement sur cette nouvelle crise qui secoue notre chère université mais depuis que j'ai suivi avec intérêt, bien sûr, les communiqués des différentes parties, je suis tenu par l'obligation de prendre ma plume comme je l'ai toujours fait afin d'apporter mon analyse et ma version des faits. A cet effet, il faut lever toute confusion avant tout: je ne suis du côté de qui que ce soit mais je défends ce qui est juste et, par conséquent j'apporte ma part de vérité sur cette affaire.
J'avoue que la bataille médiatique a été très rude; chaque partie a affuté toutes ses armes pour gagner l'adhésion et la sympathie de l'opinion. Or, quel que soit la nature des mots que les uns et les autres utilisent, la vérité reste toujours la vérité et personne ne peut la transformer en mensonge ni faire du mensonge une vérité. Les faits sont là et les esprits éclairés, réfléchis et bien avisés sauront facilement où elle se situe.
Dans cette rude bataille communicationnelle figure plusieurs types de discours dont les arguments avancés trahissent parfois la sincérité et l'honnêteté des auteurs. En d'autres termes, dans ce système de communication, tout parle et les moindres détails sont susceptibles d'apporter toutes une lumière sur la vérité des faits: les mots, les images et les postures des communicants. Cette contribution vise à analyser les communiqués de la CESL pour confronter les idées afin de permettre au public de situer la vérité. Nous terminerons par évoquer les responsables de cette crise avant de proposer des solutions de sortie de crise.
Je présente, avant tout, mes excuses à mes deux mamans de Ngallèle : Madame Willane née Djeumbe Sène (secrétaire de la Section Français à la retraite) et Madame Nogaye Diop (à la scolarité de l’UGB). Elles sont toujours contre mes sorties médiatiques car, me conseillent-elles : « kouy yoot dou seukkeut » ! Elles me veulent du bien certes mais aussi je suis incapable de me taire si l’institution qui m’a tout donné va mal en point. Je m’excuse mes chères mères mais je vous garantis de peser mes mots avant de les utiliser dans cette contribution. A cet effet, je suis très bien placé pour apprécier les communiqués des délégués au lendemain et surlendemain de cette récente tentative d'assiéger le Recteur pour trois raisons:
D'abord, j'ai été délégué de 2011 à 2013 avant de devenir enseignant-vacataire, donc "membre en instance du SAES";
Ensuite, de septembre 2015 à août 2018, j'ai été chargé (par Monsieur Ibrahima DiAO, l'ex Directeur du CROUS) comme rapporteur: je lui présentais toutes les quinzaines un rapport sur les différents services du CROUS, particulièrement sur le Service de l'hebergement et ses services connexes. Ce qui faisait et fait toujours que je reste en contact permanent avec les chefs de villages, les concierges et les agents de surfaces dont les commis qui entrent au quotidien dans les blocs et G. En plus, chaque jour, quel que soit mon emploi du temps, je passe (au moins) quatre heures de temps au campus social et je fais partie des plus informés de l'UGB.
Enfin, j'ai fait 15 années dans le milieu universitaire dont les 09 années en tant qu'étudiant et doctorant. Donc, aujourd'hui, je fais partie des voix les plus autorisées pour apporter toute la lumière sur ce qui s'est passé le mercredi 10 avril au Rectorat.
J'avais certes prévenu le Recteur dans une contribution datant du 15 octobre 2018 sur ndarinfo afin de l'exhorter à être plus ferme, plus vigilent, plus autoritaire et plus responsable dans sa collaboration avec les étudiants. En plus, qu'il se maintienne à son poste ou qu'il soit remplacé, c'est, pour moi, du pareil au même. L'essentiel est qu'il produise de bons résultats sur le plan académique et sur le plan stabilité social au sein des campus socio-pédagigiques de l'UGB. Mais, depuis mercredi, je suis complétement écœuré, bouleversé et choqué de l'indiscipline indescriptible, l'inconscience sans limite, l'immaturité manifeste, l'orgueil sans commune mesure et l'anarchie que font montre un groupe d'étudiants sous la houlette de la Coordination des Etudiants de Saint-Louis.
Sur ce, je dénonce ce comportement sauvage et bestial. On n'a pas fini de parler des seaux d'eaux septiques versées dans le bureau du Recteur que les délégués s'empressent pour envahir les médias afin d’intoxiquer les esprits mal éclairés. Les stratégies de communication adoptées sont sans effets car truffées de mensonges et de tentatives de vouloir diviser les membres du SAES. Il suffit d'analyser chaque phrase de leurs communiqués pour remarquer l'absence de bonne foi dans leur combat et la faiblesse de leurs arguments. Bref, tout dans le communiqué du porte-parole de la CESL est mensonge éhonté, intoxication, exagération. Suivez-moi ligne après ligne et je vous donnerai les preuves:
1. "Quand nous ouvrons les robinets pour boire, c'est l'eau des fosses septiques qui se déversent."
Un gros mensonge! Et pourtant, ils continuent chaque jour à boire de cette eau. Y a de ces propos que même l'entendement humain n'accepte pas. En plus d'attaquer les autorités universitaires, vous insultez indirectement le Directeur de la SDE car comment un technicien aussi qualifié peut-il relier le branchement de l'eau avec les fosses septiques. Vous exagérez. Les eaux de robinets et les fosses septiques n'ont pas la même voie de canalisation.
2. "Dans nos chambres, pour nous coucher, on est obligé de mettre des briques sous nos matelas pour pouvoir nous coucher".
Extraordinaire! Là, vous tombez dans un piège: comment est-ce possible que vous faites dépenser au CROUS plus de 10.000.000f CFA il y a moins de 4mois pour l'organisation d'une quinzaine de l'hygiène et de l'entretien alors que vous n'avez pas veillé à ce que les lits cassés soient réparés? Pourtant, durant toute la durée des opérations, les menuisiers, les électriciens, les plombiers et vous les délégués étaient là. Donc, est-il nécessaire de continuer à faire des quinzaines de l'hygiène et de l'entretien si vous n'êtes là que pour assurer l'animation? Soyez sérieux au moins et arrêtez d'insulter notre intelligence.
3. "Dans nos chambres, quand nous nous levons le matin, nous posons nos pieds sur ces fosses septiques-là".
Je ne vais pas perdre mon temps à commenter ce propos plein de fantaisie. J'ai contacté hier quinze étudiants (un par village) pour enquêter sur la véracité de ces propos. Personne n'a confirmé. L'une d'entre eux, m'as dit en wolof:" kii mo meuneu d... Lolou foumou amé". J'ai ici tous les appels enregistrés et les vocaux de Whatsapp comme preuves.
4. Au sein de l'UGB, au sein du campus social comme le campus pédagogique, c'est comme si on est à la mer. Nous sommes obligés de patauger sur ces fosses septiques pour pouvoir marcher".
En tout cas, peut-être les délégués vivent dans un univers autre que celui que je fréquente chaque jour. Le monde qu'ils décrivent n'existe pas à l'UGB. Je ne patauge pas dans des fosses septiques et les étudiants qui ne sont pas hantés par des esprits qui leur font voir autres choses que la réalité, ne me démentiront pas.
5. "Le summum maintenant, c'est la restauration. Au niveau de la boulangerie, ce pain que nous mangeons, ce pain-là baigne chaque jour que Dieu fait dans ces eaux septiques-là".
Le porte-parole (l'auteur de ces propos) est quelqu'un que j'estimais beaucoup surtout quand on me disait qu'il sait débattre. Malheureusement, il m'a surpris par Ses affirmations gratuites et ses tentatives vaines de diabolisation. En analyse du discours ou si vous voulez en rhétorique, c'est ce qu'on appelle "amplification". Celle-ci est un procédé, voire un argument visant à exagérer sur les faits afin de convaincre. Le seul problème, c'est qu'ici, il a mal choisi son amplification.
6. "On nous considère comme des personnes irresponsables. Loin de là (...). Hier, on a posé un acte très symbolique: on a pris une parcelle de notre calvaire qui, aujourd'hui, devient notre quotidien et on est parti partager cela avec le Recteur".
J'ai vraiment honte quand j'ai entendu de tels propos venant d'un individu qui se dit " intellectuel", maître en communication et appartenant à une structure qui se croit "très responsable". Comment de " très responsables" peuvent-elles commettre de telles bassesses pour finalement vivre présenter des excuses insincères? Le saccage de l'hébergement, l'acte d'incendier le CROUS et le Rectorat, le fait de brûler les archives de l'Université et dévaliser les bureaux des enseignants..., sont-ils des "actes symboliques"? Je pense que, dans cette université, les mots ont perdu de leurs sens. Pourtant, le président de séance dit que les eaux ont été versées à la porte du bureau et non dans le bureau.
7. "Au sein du SAES, nous avons des gens qui soutiennent notre cause parce qu'ils savent le calvaire que les étudiants sont en train de vivre".
Le délégué se trompe et l’argument qu’il met en avant est « l’argument ad hominem »: le SAES est un syndicat autonome et démocratique. Dans les prises de décisions, c'est la majorité qui remporte. Le délégué dit aussi que " certains professeurs" se sont réussis pour prendre des décisions. Je suppose qu’il veut remettre en cause la légitimité de ces derniers. Si tel est le cas, c'est parce qu’il ignore encore comment fonctionne un syndicat dans des cas d'urgence. De même, méconnaître la légitimité de ces enseignants, c'est méconnaitre leur propre légitimité car, chaque jour, les délégués prennent des décisions qui n'arrangent pas la masse et à son insu. Pour preuve, tout ce qu’ils disent, dans leurs communiqués, ils l’ont inventé sans consulter la base. Donc, ils sont illégitimes aussi.
En plus, si ce que le délégué dit est vrai, c'est parce qu'il y a des taupes, des irresponsables et des traitres au sein du SAES. En d'autres termes, ceux qui soutiennent votre cause parmi les profs (comme il dit) sont des fainéants, des hypocrites parmi ceux qui défendaient en vain l'invalidation de l'année 2017-2018. Ces derniers veulent les délégués afin d'avoir raison sur la majorité qui a accepté de se ceindre les reins afin de sauver l'année académique comme il se doit. C'est le cas, particulièrement, de l'UFR de Lettres et Sciences Humaines. Bref, ces gens-là qui soutiennent les délégués, si c'est vraiment le cas, sont parmi ceux qui cherchent leur échec.
8. "Le Recteur est, aujourd'hui, notre allié. On tient à le dire de manière claire. Il est notre meilleur partenaire: chaque fois qu'on a eu des problèmes au sein de l'UGB, le Recteur est la première personne qui nous apporte son aide (...) On n'est pas l'ennemi du Recteur".
Voilà ce qu'on appelle de l'ingratitude manifestée par les délégués! A chaque fois qu’ils ont des problèmes, il est le seul à les soutenir. Mais, aujourd'hui, les délégués se retournent contre lui pour lui mettre des bâtons dans les roues. Ils lui rendent une mauvaise monnaie. Sur ce, s'il y a des gens qui convoitent le poste du Recteur, je crois que ils leur facilitent la tâche en affaiblissant leur partenaire. Les délégués sont de vrais ingrats: s’ils étaient de vrais alliés comme ils le disent, ils devraient le soutenir, ne serait-ce que pour le protéger contre ceux qui courtisent son fauteuil. Mais, non, ils cherchent à l'humilier en ayant comme prétexte de poser un acte symbolique. L'acte symbolique serait d'aller déposer (j'ai bien dit " déposer") devant son bureau les seaux remplis d'eaux de fosses septiques sans pour autant les verser à son bureau. Mais, ils sont allés loin et, en détruisant son outil de travail (ordinateur) et en lui faisant perdre ses données, ils ne sont plus ses partenaires ni ses alliés mais ses agresseurs. Dans ces conditions, le pathos en tant qu’argument visant à jouer sur les sentiments du Recteur ne passe pas.
9. "Le Gouverneur a juré devant nous. Il nous a dit que, pour l'instant, il n'y pas d'Etat. L'Etat est en vacance parce qu'on ne sait pas quel ministère va gérer telle ou telle question".
Ça se voit que les délégués sont encore des gamins, ce qu’ils n'admettent guère. Le Gouverneur leur a-t-il parlé de " gouvernement" ou "d'Etat" ? Parce que je pense que, dire que l'État est en vacance, c'est une bêtise car l'État c'est nous tout (les gouvernants et les citoyens). En plus, comment un gouvernement qui a organisé le premier conseil des ministres le même jour de sa prise de fonction peut-il être en vacance? Les vacances, c'était avant la formation du nouveau gouvernement. Si c'est le gouverneur qui leur dit cela, je le félicite pour avoir roulé facilement dans la farine des enfants qui se disent toujours "très réfléchis".
10. « A l’université Gaston Berger, les étudiants restent cinq mois sans percevoir leurs bourses ». $
Je crois qu’ici, y a un problème de déterminant : à la place de « les » étudiants, le porte-parole de la CESL voulait dire « des » étudiants. Mais, là aussi c’est normal car à la fin de la troisième année, on bloque les bourses des étudiants qui ont validé leur licence jusqu’à ce qu’ils soient sélectionnés et se réinscrire en master. Ceux qui remplissent cette condition, verront toujours leurs bourses réhabiliter. Tout le monde n’est pas sélectionné parmi ceux qui valident la licence. C’est bon de le préciser. Donc, c’est normal qu’ils attendent.
A ce propos, j’aimerais attirer l’attention du nouveau ministre sur la question des bourses : beaucoup d’étudiants continuent de percevoir leurs bourses alors que les uns sont partis en Europe pour poursuivre leurs études, les autres ont réussi à des concours. J’en connais une vingtaine de cas ici à l’UGB. Désormais, le ministre doit faire de sorte que chaque étudiant qui demande une préinscription ou qui passe à un concours se rende obligatoirement à la Direction des bourses pour avoir une autorisation. Ainsi, les bourses seront bien gérées. Cet argent peut servir d’aides à ces étudiants qui sont restés au pays et qui continuent leurs études sans bourses qui les accompagnent.
Par rapport aux responsables, je crois que le Recteur a beaucoup appris de ma contribution du 15 octobre dernier. Il est ni mon ami, ni mon partenaire ni mon allié mais je juge les faits objectivement. D'ailleurs, on ne s'est jamais parlé directement et il ne m'a rien dit depuis ce jour, mais j'ai constaté une amélioration dans sa politique de gestion. Et cela me suffit car ce qui m'intéresse, moi, c'est la bonne marche de l'UGB.
Toutefois, je lui recommanderais de relire cette contribution afin de faire encore preuve de rigueur et de fermeté dans la gestion des affaires de notre chère cité et surtout et surtout et surtout dans sa collaboration avec les représentations d'étudiants.
Sur ce, la proposition du SAES qui consiste à dissoudre la CESL est trop sévère. Dans un pays de droit, chaque entité a besoin de se représenter sinon ce sera le désordre et l'anarchie. Les enseignants et le personnel administratif ont leurs syndicats. Donc, les étudiants ont droit à leur coordination. Maintenant, ce que l'autorité peut faire, c'est réorganiser les élections des représentants des étudiants en imposant des critères d'excellence et en désignant des superviseurs des élections.
Cependant, le grand responsable de cette crise est le Directeur du CROUS Papa Ibrahima Faye. Pourtant, beaucoup l'ignorent depuis le début des hostilités. Les étudiants auraient épargné le Recteur si l'administratif du CROUS n'était pas transférée provisoirement à Khor (en ville) pour des raisons de réfection. Ne voyant pas le responsable direct, les étudiants s'acharnent sur son supérieur.
Il faut le dire, l'actuel Directeur du CROUS commence, depuis un bon bout de temps, à dormir sous ses lauriers. Le 15 octobre dernier, je lui complimentais car il avait bien débuté sa mission. Mais, les mois passent et je me rends compte qu'il n'est plus l'homme que je croyais. Il a certes réussi à gérer l'administration mais le social échappe à son contrôle. Il ne fait qu'organiser des réunions à en plus finir et des visites sur le campus et au final, aucune action. Il n'agit pas et il peine même à réaliser ou achever les chantiers et les projets déjà mis sur pieds par Monsieur Ibrahima DIAO : le contrat avec la SDE, la finition des villages jumeaux (derrière le village A et en face Terrain Valentin Danfang)… A chaque fois qu'il descend sur le campus, c'est pour donner la fausse impression de travailler alors qu'il est loin d'être le cas. En plus, quand vous êtes plein d'idées, il vous ignore et vous écarte. C'est mon cas avec lui: depuis le mois d'août dernier, je lui transmets deux correspondances dans lesquelles j'ai brossé des recommandations utiles et des propositions de sortie de crise financière sans tendre la main. Il suffit juste d'appliquer une méthode que je lui ai montrée car, j'ai remarqué durant mes périodes d'audit qu'en partant pour les grandes vacances, des étudiants rentrent sans payer leurs loyers. Parmi eux, certains ne reviennent pas parce qu'ils réussissent à des concours, d'autres partir à l'étranger et d'autres encore abandonnent parce que non sélectionnés pour continuer en master ou en thèse. Ceux qui soutiennent leurs thèses aussi rentrent sans payer les arriérés de loyers et parfois les loyers impayés atteignent 20.000.000f CFA. Je lui ai fait une proposition de projet pour récupérer tout cet argent sans pression et où que l'étudiant soit. Il a les documents. Par la suite, j'ai demandé à le rencontrer à deux reprises en vain. Moi, j'en déduits que soit il manque de sérieux soit il a peur d'être aidé par un jeune frère plus diplômé. Finalement, cela devient de l'orgueil.
Le seul cas de ma proposition qu'il a réglé (après beaucoup de retard), c'est la question des propriétaires de boutiques privées au sein du campus. Là aussi, c'est un projet que j'avais déjà commencé avec Monsieur Ibrahima DIAO. Papa Ibrahima Faye l'a finalement exécuté en janvier 2019. Certains propriétaires de boutiques refusaient de payer le loyer et l'électricité sans qu'on ne les inquiète. J'ai signalé cela au Directeur sortant qui a commencé à trouver des mesures mais hélas, il n'a pas eu le temps. Quand son successeur est arrivé, je le lui ai dit par correspondance. Mais, jusqu'ici, il n'a réagi à aucune de mes propositions. Heureusement que les boutiquiers paient désormais le loyer et l'électricité. Tout le problème que nous vivons aujourd'hui c'est à cause de lui. S’il avait acheté des moteurs pompes, ce calvaire pourrait être atténué. Malheureusement, la plupart de ceux qui l'entourent ne connaissent que leurs bureaux.
L'autre responsable, c'est le Ministre de l'enseignement supérieur sortant qui nous a imposé une plateforme (campusen) dans laquelle les bacheliers se font inscrire pour demander à être orientés dans une université du pays. Or, c'est une mauvaise idée vraiment. Sur le plan politique, cela est un moyen de satisfaire tout le monde. Mais, je pense que cela est nuisible à la qualité de l'enseignement ainsi qu’à la gestion des universités. Il faut le dire, tout bachelier n'est pas admissible à l'Université publique. Il faut penser revoir la méthode d'orientation. Laissez-nous avec notre méthode classique où ce sont les censeurs les proviseurs qui font le filtres et proposent aux universités qui avaient des commissions compétentes pour cela. Désormais, on ne doit orienter à l'Université que les bacheliers qui ont au moins une moyenne finale de 12 aux devoirs et aux examens + la mention au bac. Le reste, on met dans le privé ceux qui ont 11 jusqu'à 11,99. Les autres, on les remercie. Même les pays développés ne garantissent pas le public à tous leurs bacheliers. Donc, pourquoi nous? Il faut également supprimer les cas stratégiques, hors quotas, cas sociaux qui sont créés que pour favoriser les enfants et les parents des travailleurs de l'Université. En tout cas, il faut mettre fin à cette discrimination négative.
Les images que les délégués exploitent pour tenter de diaboliser et de d’aggraver la situation justifient aussi leur manque de sincérité. Aussi, derrière leurs visages se cachent-elle une grande peur qu’ils tentent de dissimiler par de gros mots, voire par des tentatives de semer le doute dans les esprits des étudiants mal éclairés. Aucune des images montrées ne collent avec la réalité décrite. Ce sont des séries de montage que font les délégués pour tromper un téléspectateur ou internaute sans aucune connaissance du campus. A vrai dire, les délégués ne cherchent pas à défendre leurs pairs mais tentent de se défendre contre une opinion nationale en leur défaveur. Je vais vous dire pourquoi ? C’est simple : ceux qui sont au campus savent que les délégués mentent mais ces derniers excellent dans cet exercice pour changer l’opinion négative que le monde extérieur à d’eux.
Pour preuve, la première image qu’ils ont montrée pour parler de la qualité des services au restaurant no1 et celle qui est prise pour illustrer leurs propos sur l’hébergement, ne sont pas des images prises ni aux restaurants, ni au niveau des villages ou résidences universitaires : elles ont été prises au « tour de l’œuf », à peu près à une distance de 500mètres de ce restaurants. Donc, cette tentative ne passe pas. Restez connecter et je vous dirai le pourquoi cette eau stagne au « tour de l’œuf ».
Ensuite, pour dramatiser la boulangerie au restaurant, ils livrent au public une autre image prise à une autre époque et cette fois-ci dans un G (pavillon, habitation). Là, ils nous montrent six gaillards ouvrir (délibérément) une fosse septique dans laquelle ils extraient de l’eau souillée qu’ils versent dans un trou creusé à l’occasion toujours pour leurrer le public non averti. Ce qui veut dire que tous ces éléments ont été minutieusement fabriqués et préparés en vue d’intoxiquer les non avertis.
Les étudiants l’ignorent certes mais ils doivent se mettre en tête la chance qu’ils ont d’avoir au « tour de l’œuf » un environnement favorable, contrairement à celui que nous avions étant étudiants. Avant 2014, avant la nomination de Monsieur Ibrahima DIAO ex Directeur du CROUS, personne ne pouvait imaginer qu’il deviendrait si fréquentable par les étudiants : personne n’osait y mettre les pieds au-delà de 20h sauf ceux qui avaient envie d’être mordus par des serpents ou des chiens errants. Certains étudiants témoignaient avoir fait la rencontre, dans cet endroit, de « djinns ». Mais, on n’a pas brulé ni le Rectorat ni le CROUS. On n’a agressé personne non plus et, pourtant, on a réussi (avec le soutien d’un Directeur très soucieux des problèmes des étudiants, en l’occurrence Monsieur Ibrahima DIAO) à transformer ce qui était une forêt danse en place de l’obélisque de Sanar. Aujourd’hui, les étudiants y passent des journées et des nuits pour organiser des séances de révision ou pour célébrer leurs anniversaires. D’autres s’y rendent uniquement pour prendre des photos et des selfies. Mais pourquoi la fréquence des eaux usées à cet endroit ? Il faut noter que cet endroit était initialement conçu pour l’évacuation des eaux septiques à l’aide d’une machine.
Vous savez, les eaux usées suivent une canalisation bien élaborée. Mais, quand il y a, dans le circuit, un objet solide ou en plastique, le canal est bloqué. Ce qui provoque le rejet de l’eau vers l’extérieur. Ainsi, nous le savons, certains étudiants jettent des préservatifs dans les toilettes. Ce qui ne facilite guère le passage des eaux septiques. Certaines filles aussi préfèrent ces toilettes pour jeter aussi leurs serviettes hygiéniques déjà utilisées au lieu des poubelles. Donc, les étudiants doivent être plus responsables avant de s’attaquer à des gens qui font tout pour leur garantir de bonnes conditions d’existence.
Bref, ce communiqué n’est pas de bonne foi : un communicant ne doit pas mentir. Par contre, s’il veut vaincre sans avoir raison, il peut recourir au débat contradiction qu’on appelle, en analyse du discours, éristique. Là aussi, il y a des règles très strictes à respecter. En un mot, la vraie communication peut utiliser les procédés de la vraisemblance mais jamais le mensonge. Mais, se sentant dos au mur, les délégués cherchent à colporter et à falsifier des preuves afin de leurrer les esprits mal informés.
Pour ce faire, je demande aux étudiants de la base de se réveiller pour voir la réalité en face. La majorité des délégués n’ont rien à perdre : beaucoup d’entre ont soutenu ou sont sur le point de soutenir leurs mémoires de master. Parmi eux, au moins cinq membres font partie des UFR qui ont déjà invalidé l’année 2018-2019. Donc, eux, qu’est-ce qu’ils perdent si l’année est perturbée. Je connais personnellement quelqu’un de la Coordination qui a soutenu son mémoire il y a plus d’un mois. Il fait partie de ceux qui vous endorment. Et, pourtant, logiquement, il n’est plus étudiant car son inscription a expiré le jour de sa soutenance. Pour redevenir étudiant, il lui faut attendre la rentrée prochaine s’il sera sélectionné en thèse. Son UFR a invalidé l’année. Donc, qu’est-ce qu’il perd si la grève se prolonge ? Réveillez-vous !
En plus, j’ai vu ce 15 avril un communiqué provocateur du collectif des délégués de l’UCAD (dénommé ETUDIANTS DU SÉNÉGAL). Eux, ils ont un problème personnel avec le nouveau ministre et ils cherchent à utiliser votre situation pour défendre leurs intérêts. Rappelez-vous en mai-juin 2018, quand les audiences présidentielles commençaient à pleuvoir, les masques tombaient aussi. Les archives sont là : les photos d’étudiants de Dakar, sourire jusqu’aux oreilles, canettes à la main et enveloppes dans les poches en train de serrer fièrement la main au Chef de l’État, oubliant qu’ils étaient partis défendre la cause d l’UGB. C’est à leur retour que la division a commencé. Est-ce que vous allez encore avoir la naïveté de suivre ces « charognards » jusqu’à perdre votre année ? Réveillez-vous ! Si le sort de l’UGB intéressait réellement ce collectif, il ne devrait pas mettre la CESL en bas de page du communiqué. Dans ces conditions, le conflit d’intérêt est sans doute amorcé.
Dr. Mame Alé Mbaye
Docteur en littérature orale
Chercheur à l’UGB
Spécialiste en Analyse des Discours
Membre du laboratoire : Groupe de Recherche en Analyse des Discours (GRADIS)
engagementmbaye@gmail.com